Bien que plus jeune que la mécanique, l’électromagnétisme est, avec cette dernière, une grande branche de la physique classique. Sur Wikipédia, on peut trouver un bon résumé historique. Plutôt que de le reformuler, je préfère le pomper odieusement :
Pendant longtemps les phénomènes électriques et les phénomènes magnétiques ont été considérés comme indépendants [1]. En 1600, William Gilbert explicite, dans son ouvrage De Magnete,
la distinction entre corps électriques (il introduit ce terme) et
magnétiques. Il assimile la Terre à un aimant, note les répulsions et
attractions des aimants par leurs pôles et l’influence de la chaleur sur
le magnétisme du fer. Il donne aussi les premières notions sur
l’électricité, dont une liste des corps électrisables par frottement.
Les Grecs avaient seulement remarqué que des morceaux d’ambre frottés pouvaient attirer des corps légers, tels des copeaux ou de la poussière, et par ailleurs qu’il existait un minéral, la « pierre d’aimant » ou magnétite[2], capable d’attirer le fer et les métaux ferreux.
La découverte au XIXe siècle par Ørsted, Ampère et Faraday de l’existence d’effets magnétiques de l’électricité a conduit progressivement à envisager que les forces « électrique » et « magnétique » puissent être en fait unifiées, et Maxwell propose en 1860 une théorie générale de l’électromagnétisme classique, qui pose les fondements de la théorie moderne.
La perturbation des boussoles sous l’action de la décharge de la foudre était un phénomène bien connu au XVIIIe siècle.
Cela créait un lien entre électricité et magnétisme, mais difficile à
interpréter et impossible à reproduire. Par ailleurs les lois de
l’électricité et du magnétisme énoncées par Charles Coulomb
distinguaient bien l’électricité d’un côté et le magnétisme de l’autre,
même si ces lois se présentaient sous la même forme mathématique.
En 1820, le Danois Hans Christian Ørsted fait une observation extraordinaire : un fil rectiligne parcouru par un
courant continu dévie l’aiguille d’une boussole placée à proximité.
En 1820, André-Marie Ampère met en évidence les interactions entre
courants électriques et assimile tout aimant, y compris le globe
terrestre, à un ensemble de courants [3].
En 1831, Michael Faraday étudie le comportement d’un courant dans un champ magnétique, et
s’aperçoit que celui-ci peut produire du travail. Ørsted avait découvert
qu’un courant électrique produit un champ magnétique, Faraday découvre
qu’un champ magnétique engendre un courant électrique. Il découvre ainsi
le principe du moteur électrique, et donc la conversion du travail
mécanique en énergie électrique, inventant ainsi la génératrice de
courant. Dans un article de 1852 (« On the Physical Character of the Lines of Magnetic Force »),
Faraday dévoile l’existence du champ magnétique en décrivant les
« lignes de force » le long desquelles s’oriente la limaille de fer au
voisinage de l’aimant.
Nous distinguerons toujours les inductions et les champs car nous serons en présence d’un ou plusieurs milieux matériels. En fait, nous nous plaçons dans le cadre de ce qu’on appelle l’Électrodynamique des milieux continus[Land84].
Lois de comportement
Dans un milieu matériel donné, les différents champs constituant le champ électromagnétique sont liés entre eux par les caractéristiques physiques du matériau. Ces relations sont modélisées par ce qu’on appelle les lois de comportement.
En ce qui nous concerne, on en distinguera trois types :
Dans un milieu non magnétique tel que le vide (ou l’air), mais aussi dans les isolants ou conducteurs électriques classiques (cuivre, aluminium, etc…), l’induction ${\bf b}$ est directement proportionnelle au champ magnétique ${\bf h}$ par :
$$\boxed{{\bf b} = \mu_0\,{\bf h}}$$
Où $\mu_0$ est la perméabilité magnétique du vide :
$$ \mu_0 = 4 \pi~10^{-7}~~\text{H}\cdot\text{m}^{-1} $$
Information
En réalité, hormis le vide, un matériau est souvent légèrement diamagnétique (tendance à repousser le champ d’induction) ou paramagnétique (tendance à attirer le champ d’induction). On a une relation de type ${\bf b} = \mu_0\,\mu_r~{\bf h}$ avec $\mu_r$ très légèrement inférieur ou supérieur à 1. En pratique, ces effets sont suffisamment faibles pour être négligés.
Matériaux ferromagnétiques
Ce sont des matériaux dans lesquels apparaît une aimantation ${\bf m}$ (en $\text{A}\cdot\text{m}^{-1}$) lorsqu’ils sont soumis à un champ magnétique ${\bf h}$.
La loi correspondante est :
$${\bf b} = \mu_0\,({\bf h} + {\bf m})$$
L’évolution de la valeur de l’induction, dans la direction privilégiée, en fonction de celle du champ décrit alors un cycle d’hystérésis comme sur la figure ci-dessous :
Exemple de cycle d'hystérésis
Sur la figure, est également représentée la courbe de première aimantation en bleue, ainsi que :
la valeur de l’induction rémanente $B_r$,
la valeur du champ coercitif $H_c$.
L’aimantation ${\bf m}$ s’exprime elle-même en fonction de ${\bf h}$ par :
$$ {\bf m} = {\bf m_0} + \chi_m\,{\bf h}$$
avec :
$\chi_m$ : susceptibilité magnétique du matériau (sans unité, peut dépendre de ${\bf h}$),
${\bf m_0}$ : aimantation permanente du matériau (en $\text{A}\cdot\text{m}^{-1}$).
Information
On pourrait retrouver les expressions reliant ${\bf m_0}$ et $\chi_m$ à $B_r$ ou $H_c$.
Matériaux ferromagnétiques doux
Les matériaux doux sont caractérisés par un cycle très étroit, comme par exemple :
Exemple de cycle d'hystérésis pour un matériau doux
Les valeurs de champ coercitif ou d’induction rémanente sont suffisamment faibles pour que le cycle puisse être assimilé à une courbe passant par l’origine, dont l’allure peut se représenter comme ci-dessous :
Exemple de courbe B(H)
L’aimantation permanente du matériau est négligeable, et on en déduit :
$\mu$ est la perméabilité magnétique du matériau (en $\text{H}\cdot\text{m}^{-1}$), elle dépend généralement du champ : $\mu({\bf h})$.
Dans la suite, nous utiliserons deux types de modèles :
Le modèle linéaire : le plus simple, qui consiste à approximer la courbe par sa pente à l’origine. Ainsi la perméabilité est considérée comme constante égale à $\mu_0\,\mu_r$ où la valeur de la perméabilité relative $\mu_r$ est celle correspondant à de faibles valeurs de champ.
Le modèle non-linéaire : lorsque les champs atteignent des valeurs conséquentes, le modèle précédent n’est plus satisfaisant et on utilise directement la courbe $B(H)$ ci-dessus. En général, elle est traitée par interpolation de valeurs tabulées issues de la mesure.
C’est ce type de matériaux qui est utilisé pour les circuits magnétiques des applications qui nous intéresseront : inductances, transformateurs, actionneurs, machines tournantes…
Matériaux ferromagnétiques durs (aimants)
À l’inverse des précédents, les ferromagnétiques durs sont caractérisés par un cycle d’hystérésis très large, comme :
Exemple de cycle d'hystérésis pour un matériau dur
En plus des grandeurs précédentes, on notera la valeur remarquable $H_{ci}$ correspondant au champ coercitif irréversible (en $\text{A}\cdot\text{m}^{-1}$). Cette valeur est la valeur de champ au delà de laquelle l’aimantation permanente s’inverse.
Dans la suite, on se situera toujours sur la partie linéaire correspondant à la partie haute du cycle. Par substitution, on a :
$\mu_{ra}$ : perméabilité relative de l’aimant (légèrement supérieure à 1)
${\bf b_r}$ : induction rémanente (vectorielle)
Lois de comportement électrique
Elles sont valables pour des matériaux conducteurs électriques. On peut distinguer deux cas.
Milieux conducteurs ohmiques
Cette catégorie correspondant à l’ensemble des conducteurs que nous verrons par la suite : principalement des métaux comme le cuivre, l’aluminium, le laiton, les aciers, etc…
La loi de comportement, y est simplement :
$$\boxed{{\bf e} = \rho\,{\bf j}}$$
où $\rho$ est la résistivité électrique du matériau (en $\Omega\cdot\text{m}$).
On pourra éventuellement lui préférer la relation inverse (strictement équivalente) :
$$\boxed{{\bf j} = \sigma\,{\bf e}}$$
avec $\sigma = \frac{1}{\rho}$, la conductivité électrique du milieu (en $\text{S}\cdot\text{m}^{-1}$).
Souvent, les deux relations ci-dessus ne sont pas linéaires car la résistivité et (donc) la conductivité dépendent fortement de la température. Par exemple, pour la conductivité du cuivre :
Évolution de la conductivité du cuivre en fonction de la température
Milieux supraconducteurs
Ce sont des matériaux qui, dans les bonnes conditions (de température et de champs) présentent une résistivité électrique nulle ou quasi-nulle. Il sont caractérisés par une loi de comportement du type :
où $E_c$ et $J_c$ sont respectivement le champ et la densité de courant critiques du matériau.
Information
En réalité, la loi ci-dessus fait intervenir d’autre phénomènes couplés car $J_c$ et $n$ dépendent des valeurs de l’induction et de la température.
Mais, dans le cadre de ce cours, nous n’aborderons malheureusement pas l’étude des supraconducteurs faute de temps…
Lois de comportement diélectriques
Un milieu diélectrique est un milieu isolant (non-conducteur du courant) qui peut se polariser électriquement lorsqu’il est soumis à un champ électrique (il est constitué de dipôles électriques). C’est le cas par exemple du verre, de céramiques (dont les céramiques piézoélectriques), du polypropylène, du mica, du téflon, etc… D’un point de vue « Loi de comportement », on peut faire une analogie avec les milieux magnétiques précédents.
Matériaux non-diélectriques
Dans le cas du vide, ou de nombreux autres milieux non-diélectriques comme les conducteurs ou matériaux magnétiques. La relation entre l’induction et le champ électrique est simplement :
$$\boxed{{\bf d} = \varepsilon_0\,{\bf e}}$$
où $\epsilon_0$ est la permittivité électrique du vide (en $\text{F}\cdot\text{m}^{-1}$), dont la valeur se déduit de la relation :
$$ \varepsilon_0\,\mu_0\,c^2 = 1$$
Astuce
En prenant $3\cdot 10^8~\text{m}\cdot\text{s}^{-1}$ pour la vitesse de la lumière, on approxime souvent $\varepsilon_0$ par :
Comme pour l’aimantation des matériaux magnétiques, il apparaît une polarisation électrique ${\bf p}$ dans les diélectriques lorsqu’ils sont soumis à un champ électrique ${\bf e}$.
La loi donnant l’induction ${\bf d}$ est alors :
$\chi_e$ : susceptibilité électrique du matériau (sans unité),
${\bf p_0}$ : polarisation permanente du matériau (en $\text{V}\cdot\text{m}^{-1}$), correspond aux matériaux dit ferroélectriques.
Ainsi, dans une direction privilégiée, la valeur de l’induction en fonction de celle du champ électrique décrit elle-aussi un cycle comme le montre la figure ci-dessous :
Exemple de cycle d'hystérésis d'un diélectrique
Dans le cadre de ce cours, nous ne intéresserons qu’aux cas linéaires où ${\bf p_0} = {\bf 0}$.
On aura donc :
où $\varepsilon_r$ est la permittivité relative du matériau considéré.
Information
Nous avons volontairement éviter de trop détailler cette (déjà trop longue) partie car ce n’est pas l’objectif de l’EC. Nous aurions pu, par exemple, aborder des notions telles que l’anisotropie de certains matériaux ou des couplages multiphysiques supplémentaires (effet Hall, piézoélectricité, etc…), ou alors discuter des semi-conducteurs.
Pour des compléments, je vous renvoie à l’EC de S7 Matériaux pour l’Energie, partie sur les matériaux pour le Génie Électrique.
Équations de Maxwell
Les quatre équations de Maxwell sont les relations fondamentales régissant les lois de l’Électromagnétisme.
Leur forme universelle à l’échelle macroscopique est donnée ci-dessous :
Petit exercice pour faire une pause :
À partir de la forme générale des équations de Maxwell ci-dessus et des lois de comportement précédentes, retrouver comment sont modifiées les équations de Maxwell-Ampère et de Maxwell-Gauss que vous aviez l’habitude d’utiliser en premier cycle.
Cliquer pour afficher un indice
On utilisera les lois de comportement générales : ${\bf b} = \mu_0\,({\bf h}+{\bf m})$ et ${\bf d} = \varepsilon_0\,{\bf e}+{\bf p}$.
On peut alors définir une densité volumique de courant liée : ${\bf j_{liée}} = {\bf j_a}+{\bf j_p}$, faisant intervenir les densités de courant d’aimantation et de polarisation, ${\bf j_a} = {\bf rot\,m}$ et ${\bf j_p} = \frac{\partial\,{\bf p}}{\partial t}$, pour obtenir :
⇝ En pratique, ces formes sont difficilement utilisables.
Approximation des Régimes Quasi-Statiques (ARQS)
Ordres de grandeur
Rappelons que le but du présent module est de vous permettre de modéliser et simuler par éléments finis des dispositifs typiques de l’électrotechnique / électromécanique correspondant donc à de l’électromagnétisme basse-fréquence. La plage de fréquence concernée va donc du continu $(0~\text{Hz})$ à des valeurs de l’ordre de quelques centaines de $\text{kHz}$.
Considérons que le dispositif étudié est alimenté par une source sinusoïdale (de tension ou de courant) de pulsation $\omega$ et que les lois de comportement électrique et diélectrique des milieux matériels présents sont linéaires. En notant $\tau_c$ le rapport des normes des termes $\frac{\partial\,{\bf d}}{\partial t}$ et ${\bf j}$, on obtient après simplifications :
La table ci-dessous donne quelques valeurs caractéristiques :
Matériau
$\sigma~(\text{S}\cdot\text{m}^{-1})$
$\varepsilon_r$
$\tau_c$ @ $1\,\text{MHz}$
Cuivre
$58~10^{6}$
$1$
$9,93~10^{-13}$
Aluminium
$37,7~10^{6}$
$1$
$1,48~10^{-12}$
Fer pur
$10,4~10^{6}$
$1$
$5,35~10^{-12}$
Eau salée
$5$
$80$
$8,90~10^{-4}$
On constate que, dans tous ces cas, le terme $\displaystyle\frac{\partial\,{\bf d}}{\partial t}$ est clairement négligeable devant la densité de courant ${\bf j}$.
Dans la suite, nous le négligerons donc toujours, et nous nous placerons donc systématiquement dans ce qu’on appelle l’Approximation des Régimes Quasi-Statiques (ARQS).
Équations de Maxwell dans l’ARQS
Ainsi, la forme des équations de Maxwell que nous résoudrons dans ce cours est celle dans le cadre de l’ARQS, donnée ci-dessous :
On remarque que désormais l’équation de Maxwell-Gauss est totalement découplée des autres.
Astuce
La divergence appliquée à (MA), nous donne la loi des nœuds locale :
$$\boxed{\text{div}\,{\bf j} = 0}$$
Branches de l’Électromagnétisme dans l’ARQS
Plusieurs cas particuliers peuvent se présenter en fonction de la nature ou du type de source. Chacun définit un sous-domaine de l’électromagnétisme (en basse fréquence).
Électrostatique
L’Électrostatique porte sur la distribution de champ électrique due à des charges statiques ou des différences de potentiel électrique.
Nous résoudrons ici certains problèmes correspondants.
Électrocinétique
L’Électrocinétique concerne la distribution de la densité de courant à l’intérieur des conducteurs (lorsque les effets magnétiques sont négligeables : en statique, ou à fréquence suffisamment faible).
Nous résoudrons ici certains problèmes correspondants.
Magnétostatique
La Magnétostatique, quand à elle, traite de la distribution de champ magnétique créé par une densité de courant constante et/ou des aimants permanents.
La densité de courant ${\bf j}$ sera soit imposée comme densité de courant source circulant dans des inducteurs (${\bf j_s}$), soit issue d’une résolution électrocinétique (cf ci-dessus).
Nous résoudrons ici certains problèmes correspondants.
Magnétodynamique
Enfin, la Magnétodynamique s’occupe des distributions de champ magnétique et de courant induit dans les conducteurs issues de sources de courant variant dans le temps et/ou de sources statiques (courant continu ou aimants permanents) en mouvement.
Celle-ci ne contredit pas la loi de comportement électrique car elle est exprimée dans le référentiel de l’observateur, il y a donc toujours $~{{\bf j} = \sigma\,{\bf e}}~$ dans le référentiel lié au conducteur (${{\bf v}={\bf 0}}$).
L’intérêt est de pouvoir transformer, dans certains cas, le problème initial en un problème de magnétostatique plus simple à résoudre. Si cela vous intéresse, vous pouvez consulter l’exemple détaillé dans cet article.
Pour illustrer cette remarque, et faire une petite pause, je vous propose une vidéo expliquant le principe de fonctionnement d’un ralentisseur Telma, dispositif dont le fonctionnement est un parfait exemple de problème magnétodynamique qu’on peut résoudre avec une formulation statique avec la loi d’Ohm locale généralisée :
Il existe un cas particulier que nous n’aborderons pas dans le cadre de ce cours, mais dans lequel on ne peut pas négliger le terme $\frac{\partial\,{\bf d}}{\partial t}$ bien que correspondant à des applications en basse fréquence et donc entrant dans le cas quasi-statique.
En effet certains matériaux peuvent être à la fois conducteurs (avec des conductivités assez faibles mais non nulles) et posséder une perméabilité relative assez élevée. Les semi-conducteurs rentrent dans ce cadre par exemple, mais aussi beaucoup de tissus biologiques comme ceux des organes humains. On peut aussi s’intéresser à des problèmes comportant, à la fois, des milieux conducteurs et des isolants dans lesquels on cherche à calculer les distributions de champ électrique et de densité de courant en s’affranchissant complètement des aspects magnétique. On appelle parfois ce domaine d’étude Électrodynamique ou Modèle électrique quasi-statique.
Mais, comme dit ci-dessus, les applications concernées n’entrent pas dans le cadre de ce module.
Potentiels électriques et magnétiques
On se place dans un domaine $\Omega$ (ouvert étoilé quelconque de $\mathbb{R}^3$), et on notera $\Omega_c \subset \Omega$ le sous-domaine conducteur en présence de courants. Nous allons voir que les champs définis précédemment peuvent découler de différents potentiels.
Potentiel vecteur magnétique ${\bf a}$
Prenons comme point de départ l’équation de Maxwell-Thomson dans ce domaine et regardons ce qu’elle implique :
${\bf a}$ est appelé potentiel vecteur magnétique.
Important !
Attention le potentiel vecteur ${\bf a}$ ainsi défini n’est pas unique ! Il est défini à un champ de gradient près.
En effet, soit ${\bf a}$ tel que ${\bf b} = {\bf rot\,a}$, alors :
Le potentiel vecteur ${\bf a'}$ convient donc lui-aussi.
Pour le rendre unique, il est donc nécessaire de rajouter une condition de jauge. Dans l’ARQS, la plus connue est la jauge de Coulomb :
$$\text{div}\,{\bf a} = 0$$
Mais il en existe d’autres parfois plus pratiques ou efficaces (d’un point de vue numérique), nous y reviendrons dans la troisième partie du module.
Astuce
Même avec la condition de jauge, on remarque que le potentiel est encore défini à une constante près. Ceci ne sera pas un souci dès lors qu’on utilisera des conditions aux limites appropriées.
Potentiel scalaire électrique $v$
Cas de problèmes magnétiques
Dans le cas de problèmes magnétiques, nous avons besoin de connaître les sources, donc ${\bf j}$, donc ${\bf e}$, dans les domaines conducteurs ($\Omega_c$).
Substituons alors l’expression précédente dans l’équation de Maxwell-Faraday :
On remarquera que l’expression ci-dessus reste valable an remplaçant ${\bf a}$ par ${\bf a'} = {\bf a} + {\bf grad}\,u$, et $v$ par $\displaystyle v' = v + \frac{\partial\,u}{\partial t}$.
Cas de problèmes électrostatiques ou électrocinétiques
Pour des problèmes électrostatiques ou électrocinétiques, nous voulons déterminer ${\bf e}$ (et ${\bf d}$ ou ${\bf j}$) dans tout le domaine d’étude.
Alors, partant de l’équation de Maxwell-Faraday en statique, nous avons directement :
${\bf t}$ est appelé potentiel vecteur électrique.
Remarque
On veillera à ne pas confondre le potentiel ${\bf t}$ et la variable temps $t$…
Important !
Là encore, le potentiel vecteur ainsi défini n’est pas unique, et il sera nécessaire de rajouter des conditions pour pouvoir le déterminer.
Dans le troisième chapitre, Nous verrons aussi que, parfois, nous préférerons travailler avec un champ source (noté ${\bf h_s}$) défini lui-aussi par ${\bf j} = {\bf rot\,h_s}$ soit dans $\Omega$ entier, soit dans un sous-domaine contenant $\Omega_c$, soit dans $\Omega_c$ auquel on ajoutera d’éventuelles coupures.
Potentiel scalaire magnétique ${\bf \phi}$
En utilisant le potentiel ${\bf t}$, on peut développer Maxwell-Ampère comme :
On considère un milieu matériel quelconque de volume $V$ de bord $\partial V = S$ représenté par la figure ci-dessous.
Représentation schématique du domaine considéré.
Conservation du flux
En appliquant le théorème de la divergence (théorème de Green-Ostrogradski) à l’induction magnétique ${\bf b}$ sur le volume $V$, on obtient :
$$\iiint_{V} \text{div}\,{\bf b}~\text{d} V = \oiint_{S} {\bf b}\cdot{\bf d S}$$
D’après l’équation de Maxwell-Thomson, on a donc :
$$\boxed{\oiint_S {\bf b}\cdot{\bf d S} = 0}$$
Ou encore :
$$\underbrace{\iint_{S_1} {\bf b}\cdot{\bf d S_1}}_{\displaystyle\Phi_1} = - \underbrace{\iint_{S_2} {\bf b}\cdot{\bf d S_2}}_{\displaystyle\Phi_2}$$
Où $\Phi_1$ et $\Phi_2$ sont respectivement les flux de ${\bf b}$ à travers $S_1$ et $S_2$.
$\implies {\bf b}$ est à flux conservatif.
Théorème de Gauss
En appliquant le même théorème à l’induction électrique ${\bf d}$ sur le même volume $V$, et en y injectant l’équation de Maxwell-Gauss :
$$\oiint_S {\bf d}\cdot{\bf dS} = \iiint_V \text{div}\, {\bf d}~\text{d} V = \iiint_V \rho_q ~ \text{d} V $$
Soit :
$$\boxed{\oiint_S {\bf d}\cdot{\bf dS} = Q_V}$$
Où $Q_V$ est la charge électrique totale contenue dans le volume $V$.
Théorème d’Ampère
Appliquons maintenant le théorème de Stokes au champ magnétique ${\bf h}$ sur le contour $C$ et reportons y l’équation de Maxwell-Ampère :
$$\oint_C {\bf h}\cdot{\bf d l} = \iint_{S_1} {\bf rot}\,{\bf h} \cdot {\bf d S_1} = \iint_{S_1} {\bf j} \cdot {\bf d S_1}$$
Soit :
$$\boxed{\oint_C {\bf h}\cdot{\bf d l} = I_{S_1}}$$
Où $I_{S_1}$ représente le courant total traversant la surface $S_1$ (courant enlacé par le contour $C$).
Loi de Lenz-Faraday
Appliquons le même théorème au champ électrique ${\bf e}$, toujours sur le contour $C$ :
$$\oint_C {\bf e}\cdot{\bf d l} = \iint_{S_1} {\bf rot}\,{\bf e} \cdot {\bf d S_1}$$
En utilisant l’équation de Maxwell-Faraday, on obtient :
$$\oint_C {\bf e}\cdot{\bf d l} = - \iint_{S_1} \frac{\partial\,{\bf b}}{\partial t}\cdot{\bf d S_1}$$
En considérant que $C$ reste immobile dans le référentiel d’étude, on en déduit :
$$\oint_C {\bf e}\cdot{\bf d l} = - \frac{\text{d}}{\text{d} t} \iint_{S_1} {\bf b}\cdot{\bf d S_1} $$
Soit :
$$\boxed{\oint_C {\bf e}\cdot{\bf d l} = - \frac{\text{d}\,\Phi_1}{\text{d} t} }$$
Où : $\oint_C {\bf e}\cdot{\bf d l}$ est la force électromotrice (f.é.m $\mathcal{E}$).
Information
Une bonne généralisation aux cas de circuits en mouvement se trouve dans [Four85].
Loi des nœuds
On a vu que la densité de courant ${\bf j}$ était elle-aussi à divergence nulle (par l’équation de Maxwell-Ampère). Par analogie avec l’induction magnétique, on obtient ainsi :
$$\boxed{\oiint_S {\bf j}\cdot{\bf d S} = 0}$$
Soit :
$$\underbrace{\iint_{S_1} {\bf j}\cdot{\bf d S_1}}_{\displaystyle I_1} + \underbrace{\iint_{S_2} {\bf j}\cdot{\bf d S_2}}_{\displaystyle I_2} = 0$$
$\Longrightarrow$ C’est la loi des nœuds !
Loi de Biot et Savart
Dans le cas particulier de milieux non-magnétiques (donc où ${\bf b} = \mu_0\,{\bf h}$), nous disposons d’une formule permettant de calculer une valeur locale de l’induction (au point ${\bf x_0}$) à partir de la distribution de courant source (supposée contenue dans le volume $V_s$) :
En pratique, le principal intérêt de ce type de formule est de, parfois, permettre de calculer le champ source ou le potentiel vecteur électrique dans une formulation en potentiel scalaire magnétique.
Conditions d'interfaces
Composantes normales
Considérons deux milieux $\#1$ et $\#2$ séparés par une surface $S$, la normale à la surface étant dirigée de $\#1$ vers $\#2$. Pour un infiniment petit quelconque $u$, on définit un petit cylindre de volume $v_c$, de rayon $r = o(u)$ et de hauteur $l = o(u^2)$ centré sur $S$.
Une représentation schématique est donnée par la figure ci-dessous.
Représentation schématique de la configuration considérée (pour les composantes normales).
En notant $s_1$ et $s_2$ les bases du cylindre contenues respectivement dans $\#1$ et $\#2$, et $s_l$ sa surface latérale, on a :
$$\left\{\begin{aligned}s_1 = s_2 = s = o(u^2)\\ s_l = o(u^3)\end{aligned}\right.$$
Continuité de la composante normale de ${\bf b}$
Appliquons la conservation du flux à notre cylindre :
$$\oiint_{\partial v_c} {\bf b}\cdot{\bf d S} = 0$$
Soit, en développant et en multipliant par $\frac{1}{s}$ :
$$\frac{1}{s} \iint_{s_1} {\bf b}\cdot(-{\bf n_{12}})~ \text{d} S + \frac{1}{s} \iint_{s_2} {\bf b}\cdot{\bf n_{12}}~\text{d} S + \frac{1}{s} \iint_{s_l} {\bf b}\cdot{\bf d S} = 0$$
En définissant localement la densité surfacique de charge $\sigma_q$ (densité de charge portée par la surface $s$, en $\text{C}\cdot\text{m}^{-2}$) par :
En particulier, sur le bord d’un conducteur isolé, ${\bf j_2}$ étant nulle à l’extérieur, on en déduit que la densité de courant est tangente à la surface.
Composantes tangentielles
En prenant une coupe de la configuration précédente, on obtient celle décrite par la figure ci-après.
Représentation schématique de la configuration considérée (pour les composantes tangentielles).
Dans ce plan de coupe, on choisit arbitrairement un chemin rectangulaire $\mathscr{C}$, de sommets $A$, $B$, $C$ et $D$. Les segments $AB$ et $CD$ sont de longueurs $l_1 = l_2 = l = o(u)$ et portés par un vecteur unitaire quelconque orthogonal à la normale à la surface : ${\bf u_l}\perp{\bf n_{12}}$. Les segments $BC$ et $DA$ sont de longueur $\alpha = o(u^2)$ et portés par ${\bf n_{12}}$.
Continuité de la composante tangentielle de ${\bf e}$
La loi de Lenz-Faraday appliquée au contour $\mathscr{C}$ et multipliée par un facteur $\displaystyle\frac{1}{l}$, nous donne :
En définissant localement la densité surfacique de courant ${\bf j_s}$ (densité de courant portée par la surface $S$, en $\text{A}\cdot\text{m}^{-1}$) par :
Où ${\bf h_1}$ et ${\bf h_2}$ sont les valeurs du champ magnétique au centre du rectangle approché respectivement depuis les milieux $\#1$ ou $\#2$, et ${\bf j_s}$ y est également la valeur de la densité surfacique de courant.
On a donc un saut de la composante tangentielle de ${\bf h}$ à travers $S$.
Remarque
En réalité, une densité surfacique de courant n’existe pas physiquement : on a toujours une densité de courant volumique. Cependant, dans certains cas, l’épaisseur de la zone où circule cette densité volumique est suffisamment faible pour l’assimiler à une densité surfacique. On peut citer deux cas fréquents : dans une plaque ou un tube très mince ; sur les bords d’un conducteur siège de courants induits à « haute fréquence ».
Astuce
Sans densité superficielle de courant (donc souvent), il y a continuité de la composante tangentielle de ${\bf h}$.
Grandeurs globales : énergies, flux et forces
De toutes les relations précédentes (Équations de Maxwell et lois de comportement), on peut normalement déduire les champs ${\bf h}$, ${\bf b}$, ${\bf e}$ et ${\bf d}$ à partir des sources ${\bf j}$ et $\rho_q$. Par contre, ils nous manque des informations si on désire déterminer les énergies et les forces dans le système étudié. C’est ce qui va nous intéresser dans cette partie.
Il faudra un peu d'efforts pour retrouver comment les calculer…
Sous-sections de Grandeurs globales
Grandeurs globales : énergies
Bilan de puissance (échelle locale)
Comme depuis le début, nous allons continuer de travailler à l’échelle locale. Pour ce faire, sortons quelque temps de l’ARQS et introduisons le vecteur de Poynting ${\bf \Pi_p}$, défini par :
$${\bf \Pi_p} = {\bf e}\wedge{\bf h}$$
Pour un système électromagnétique contenu dans un volume $V$ de bord $\partial V = S$, la puissance énergétique $P_{\text{em}}$ apportée sous forme électromagnétique au système est donnée par le flux entrant de ${\bf \Pi_p}$, soit :
$p_j$ : densité volumique de puissance dissipée par effet Joule
$p_{mag}$ : densité volumique de puissance magnétique
$p_{el}$ : densité volumique de puissance électrostatique
Pertes Joule
Le premier terme du bilan de puissance précédent permet de calculer $P_J$ la puissance dissipée par effet Joule (production de chaleur). Il n’existe que dans les domaines conducteurs. Si nous regroupons ces derniers dans ce que nous appellerons $V_c$, on aura :
Dans le cas d’un conducteur portant un courant $I$, on peut directement identifier sa résistance $R$ grâce aux pertes Joule, car $P_J = R\,I^2$. Ainsi :
La variation élémentaire de densité volumique d’énergie pendant $\text{d} t$ est ainsi :
$$\text{d}\,w_{mag} = p_{mag}\,\text{d} t = {\bf h}\cdot\frac{\partial\,{\bf b}}{\partial t}\,\text{d} t$$
On peut alors en déduire la densité volumique d’énergie magnétique emmagasinée dans le système (à l’instant $t$ correspondant au point de fonctionnement magnétique $({\bf h},{\bf b})$) par :
$$w_{mag} = \int_{t_0}^t {\bf h}\cdot\frac{\partial\,{\bf b}}{\partial t}\,\text{d} t = \int_{0}^{b} {\bf h}\cdot{\bf d b}$$
La borne d’intégration inférieure étant choisie arbitrairement pour correspondre à une « énergie stockée nulle » reflétant l’état initial du système.
Dans le cas particulier de milieux où la loi de comportement magnétique est linéaire (${\bf h}=\nu\,{\bf b}$), on a :
$$\begin{aligned}\text{d}\,\widetilde{w}_{mag} &= \text{d}\left({\bf h}\cdot{\bf b}\right) - \text{d}\,w_{mag} \\ &= {\bf d h}\cdot{\bf b} + \cancel{{\bf h}\cdot{\bf d b}} - \cancel{{\bf h}\cdot{\bf d b}} \\ &= {\bf b}\cdot{\bf d h}\end{aligned}$$
On en déduit donc :
$$\widetilde{w}_{mag} = \int_{0}^{h} {\bf b}\cdot{\bf d h}$$
Comme précédemment, la borne d’intégration inférieure est choisie arbitrairement pour correspondre à une « énergie stockée nulle » reflétant l’état initial du système.
Dans le cas particulier de milieux où la loi de comportement magnétique est linéaire (${\bf b}=\mu\,{\bf h}$), on a :
En linéaire dans l’ARQS, lorsque les sources de champs sont des courants situés dans un sous-volume conducteur $V_c$, nous disposons d’une autre formule de calcul de l’énergie magnétique créée par ces courants reposant sur le potentiel vecteur magnétique.
En effet, d’après ce qui précède, dans ce cas :
$$W_{mag} = \iiint_V \frac{1}{2}\,{\bf h}\cdot{\bf b}\,\text{d} V $$
On peut développer avec une identité vectorielle :
$$W_{mag} = \frac{1}{2}\left(\iiint_V {\bf rot\,h}\cdot{\bf a}-\text{div}({\bf h}\wedge{\bf a})\,\text{d} V \right)$$
En réinjectant Maxwell-Ampère et en appliquant le théorème de la divergence, on obtient :
$$W_{mag} = \frac{1}{2}\left(\iiint_{V_c} {\bf a}\cdot{\bf j}~ \text{d} V + \oiint\limits_{S=\partial V} ({\bf a}\wedge{\bf h})\cdot{\bf d S} \right)$$
On notera que l’intégrale volumique se limite au domaine conducteur $V_c$ (seul siège de courants).
Ainsi, pour un système électromagnétique contenu dans un volume choisi suffisamment grand pour que l’influence des sources soient négligeable sur la frontière (${\bf a}$ et/ou ${\bf h}$ nul), on obtient finalement :
Cette formule pourra s’avérer très utile en pratique.
Cas particulier des aimants permanents
En présence de matériaux durs tels que les aimants, nous ne sommes plus sur une courbe $b(h)$ passant par l’origine, mais les formules générales précédentes restent valables.
Nous allons juste choisir des bornes inférieures différentes :
$b(h=0) = b_r$ pour l’énergie ;
$h(b=0) = -h_c$ pour la coénergie.
Graphiquement, on peut ainsi représenter les densités correspondantes sur la figure suivante :
Représentation des densités volumiques d'énergie et coénergie magnétiques dans un aimant
Alors :
$${w}_{mag} = \int_{b_r}^{b} {\bf h}\cdot{\bf d b},~ ~ \text{et} ~ ~\widetilde{w}_{mag} = \int_{-h_c}^{h} {\bf b}\cdot{\bf d h}$$
Dans le cas classique de matériaux très durs où la courbe ci-dessus peut être assimilée à une droite, on a ainsi :
Chose un peu surprenante, l’expression des densités d’énergie et coénergie magnétiques dans un aimant permanent est l’inverse de celles dans les autres matériaux. Soit :
Tout ce que nous avons fait en magnétisme ci-avant, peut se développer également en électrostatique à partie de la densité volumique de puissance $p_{el}$. Plutôt que de tout redévelopper, nous allons procéder par analogie :
${\bf h} \leftarrow {\bf e}$
${\bf b} \leftarrow {\bf d}$
$\mu \leftarrow \varepsilon$
Ainsi, en ne considérant que le cas linéaire, nous obtenons, pour les densités volumiques d’énergie et coénergie électrostatiques :
L’énergie électrostatique contenue dans le système est alors :
$$\boxed{W_{el} = \iiint_V \frac{1}{2}\,\varepsilon\,\lVert{\bf e}\rVert^2~\text{d} V = \widetilde{W}_{el}}$$
Astuce
Nous disposons également d’une formule pour l’énergie basée sur le potentiel scalaire électrique $v$. Considérant que la densité volumique de charge $\rho_q$ se situe dans un sous-volume $V_q$ de $V$, on a :
On aurait pu donner l’ensemble des relations possibles en considérant le cas non-linéaire, mais nous ne l’avons pas fait par souci de concision. On peut quand même fournir les densités volumiques d’énergie qui pourront, le cas échéant servir de point de départ :
Pour calculer des forces (contre-)électromotrices (f.é.m), déterminer les grandeurs utiles lors d’un couplage avec les équations de circuits électrique, ou tout simplement identifier des inductances équivalentes, nous devrons calculer le flux magnétique traversant nos conducteurs (généralement des enroulements).
Par définition, le flux traversant une surface donnée $S$ est :
$$\varphi = \iint_S {\bf b}\cdot{\bf d S}$$
On peut facilement le calculer en utilisant le potentiel vecteur. En effet, en utilisant le théorème de Stokes :
$$\varphi = \iint_S ({\bf rot\,a})\cdot{\bf d S} = \oint\limits_{C =\partial S} {\bf a}\cdot{\bf d l}$$
Dans certains cas, cette formule est suffisante. Mais lorsque nous aurons des conducteurs avec des sections ne pouvant plus être considérées comme négligeables, il nous faut déterminer le « flux moyen » le traversant.
Prenons l’exemple simple d’une spire circulaire tel que schématisé ci-dessous :
Exemple simple d'une spire (en haut : circuit filiforme, en bas : géométrie réelle).
Si la section du conducteur $S_c$ est très faible, on peut considérer la spire comme un circuit filiforme (représenté en haut de la figure) et appliquer les formules ci-dessous pour calculer le flux à travers la surface en pointillés bleus.
Mais pour une géométrie plus réaliste telle que la vraie spire dessinée en rouge, on doit déterminer le flux moyen la traversant. Un moyen simple d’y parvenir est d’utiliser la valeur moyenne du potentiel vecteur ${\bf a}$ sur une section de conducteur. Soit :
${\bf u}$ étant un vecteur unitaire dirigé dans le sens du courant (orthogonal à $S_c$).
Pour un conducteur à section constante et portant un courant stationnaire $I$ :
L’expression ci-dessus est particulièrement intéressante car elle nous permet de retrouver facilement la relation entre l’énergie magnétique et le flux ou l’inductance.
En effet, on a directement :
$$\varphi = \frac{2}{I}\,W_{mag}$$
Soit :
$$\boxed{W_{mag} = \frac{1}{2}\,\varphi\,I}$$
En linéaire, puisque par définition, l’inductance $L$ du conducteur est :
$$ L = \frac{\varphi}{I}$$
On a également l’expression bien connue (valable uniquement en linéaire):
$$\boxed{W_{mag} = \frac{1}{2}\,L\,I^2}$$
Grandeurs globales : forces
Force de Lorentz
Initialement énoncée pour une particule portant une charge élémentaire $q$, la force de Lorentz est donnée par :
Cette expression peut se généraliser au cas d’une distribution volumique de sources (densités volumiques de charge $\rho_q$ et de courant ${\bf j}$) par :
Où la densité volumique de force ${\bf f_{em}}$, se décompose en deux termes :
la densité volumique de force de Coulomb ${\bf f_C}$,
la densité volumique de force de Laplace ${\bf f_L}$.
Attention
La formule ci-dessus n’est valable qu’en l’absence de milieu diélectrique ou ferromagnétique. Pour l’utiliser dans le cas général (même dans l’ARQS), il faudrait rajouter les termes correspondant à la densité de charges liées pour la force de Coulomb, et ceux liés à la densité de courants d’aimantation pour celle de Laplace (les courants induits étant pris en compte dans ${\bf j}$).
Soit quelque chose qui pourrait ressembler à :
Ainsi, en dehors du cas particulier du vide (ou de milieux analogues comme l’air), cette formule est difficilement exploitable. C’est pourquoi nous préférerons utiliser une approche énergétique.
Approche énergétique
Aspects thermodynamiques
Le système considéré étant fermé (sans échange de matière avec l’extérieur), le premier principe de la thermodynamique nous permet d’écrire la variation de son énergie interne $\mathcal{U}$ :
$T$ et $\mathcal{S}$ étant respectivement la température et l’entropie du système.
L’énergie interne est alors une fonction dont une des variables naturelles est $\mathcal{S}$. Pour faciliter la résolution de certains problèmes, les thermodynamiciens ont l’habitude de définir d’autres grandeurs énergétiques en ajoutant des termes à l’énergie interne.
en séparant dans $\mathcal{w}$ la partie liée aux électromagnétiques $\mathcal{w_{em}}$ de celle liée aux autres phénomènes physiques $\mathcal{w_{\ne em}}$.
En réinjectant le bilan de puissance vu en début de section, on obtient finalement :
En considérant que notre système est le siège d’effets purement magnétiques, la variation de la densité d’énergie libre magnétique (qu’on notera dans ce cas $f_m$) ne contient plus que les termes suivants :
On remarque donc le lien entre énergie libre et énergie magnétique. À température fixée, les deux sont identiques. En fait, compte tenu de la différence d’ordre de grandeur des constantes de temps thermiques et électromagnétiques, on pourra toujours considérer que l’énergie magnétique telle que nous l’avons définie est l’énergie libre du système.
Température et flux constants
Dans le cadre d’une transformation à température et flux magnétique constants (et donc à induction constante), nous aurons :
Ainsi, si nous voulons calculer la force ${\bf F_m}$ d’origine magnétique s’exerçant sur un élément du système pouvant se déplacer selon la coordonnée généralisée ${\bf x_0}$ à flux constant, il suffit d’écrire la variation d’énergie correspondante (en utilisant le travail de cette force) :
$$\text{d}\,\mathcal{F_m} = {\bf F_m}\cdot{\bf d x_0} + {\bf grad_{x_0}}\,(\mathcal{F_m})\cdot{\bf d x_0}$$
Puisque $\text{d}\,\mathcal{F_m} = 0$, et ${\bf grad_{x_0}}\,(\mathcal{F_m})= {\bf grad_{x_0}}\,(W_{mag})$, on en déduit l’expression de la force :
$${\bf F_m} = - {\bf grad_{x_0}}\,(W_{mag})$$
Ou encore, en exprimant la composante dans la direction de ${\bf x_0}$ :
Dans le cas d’une transformation où ce sont les courants qui sont maintenus constants, il convient de définir un nouveau potentiel thermodynamique $\mathcal{g_m}$ par :
Cette nouvelle grandeur énergétique $\mathcal{G_m}$, de densité volumique $\mathcal{g_m}$ est l’enthalpie libre magnétique (ou énergie libre de Gibbs) du système.
Remarque
On notera le lien avec la coénergie telle que définie précédemment. En fait nous pourrons considérer que la coénergie magnétique est l’opposée de l’enthalpie libre magnétique (à température fixée).
Dans le cadre d’une transformation à température et courants constants (et donc à champ magnétique constant), nous aurons :
Les formules précédentes peuvent aussi être utilisées pour calculer des couples. Si un couple $\Gamma$ d’origine magnétique s’exerce sur notre élément du système suivant la position angulaire généralisée $\alpha_0$. On aura :
Ainsi, si nous voulons calculer la force ${\bf F_m}$ d’origine magnétique s’exerçant sur un élément du système pouvant se déplacer selon la coordonnée généralisée ${\bf x_0}$ à flux constant, il suffit d’écrire la variation d’énergie correspondante (en utilisant le travail de cette force) :
$$\text{d}\,\mathcal{F_e} = {\bf F_e}\cdot{\bf d x_0} + {\bf grad_{x_0}}\,(\mathcal{F_e})\cdot{\bf d x_0}$$
Puisque $\text{d}\,\mathcal{F_e} = 0$, et ${\bf grad_{x_0}}\,(\mathcal{F_e})= {\bf grad_{x_0}}\,(W_{el})$, on en déduit l’expression de la force :
$${\bf F_e} = - {\bf grad_{x_0}}\,(W_{el})$$
Ou encore, en exprimant la composante dans la direction de ${\bf x_0}$ :
Dans le cas d’une transformation où ce sont les tensions qui sont maintenues constants, il convient de définir un nouveau potentiel thermodynamique $\mathcal{g_e}$ par :
Cette nouvelle grandeur énergétique $\mathcal{G_e}$, de densité volumique $\mathcal{g_e}$ est l’enthalpie libre électrostatique (ou énergie libre de Gibbs) du système.
Dans le cadre d’une transformation à température et tensions constantes (et donc à champ électrique constant), nous aurons :
Tenseur des contraintes électromagnétiques de Maxwell
Densité volumique de forces
Comme très brièvement dit en début de page, l’expression de la densité volumique de force électromagnétique est difficilement exploitable en pratique.
En fait, il existe plusieurs façons de la formuler et aucune ne fait encore consensus. Quelle que soit l’approche utilisée, il faut considérer les opérateurs différentiels agissant sur nos champs au sens des distributions, et plusieurs termes surfaciques interviennent alors. Ces derniers correspondent aux éventuelles densités surfaciques de sources, mais aussi aux discontinuités de paramètres physiques (perméabilité, réluctivité, aimantation) dues aux changements de milieux.
Néanmoins, dans le cas d’un milieu homogène isotrope, on peut tout de même obtenir une formulation de cette densité volumique de force.
Repartons de la formule :
En y réinjectant les équations de Maxwell-Ampère et Maxwell-Gauss et en utilisant les lois de comportement ${\bf d} = \varepsilon_0\,{\bf e} + {\bf p}$ et ${\bf b} = \mu_0\,({\bf h} + {\bf m)}$, on obtient :
Dans le cas de plusieurs milieux (et c’est généralement toujours le cas), il nous faut malheureusement rajouter les termes liés aux interfaces pour calculer la densité de force partout et pouvoir en déduire les forces ou couples s’exerçant globalement sur les pièces mobiles.
Nous disposons cependant d’une méthode plus pratique pour calculer ces forces globales : le tenseur de Maxwell.
Tenseur de Maxwell
Soit $\overline{\overline{{\bf T}}}$ champ de tenseur d’ordre 2, continûment différentiable sur le domaine d’étude $V$, tel que :
Ainsi, la force totale ${\bf F_{em}}$ s’exerçant sur un sous-domaine quelconque $\Omega \subset V$ peut se réduire à l’intégrale surfacique de $\overline{\overline{{\bf T}}}$ sur son bord $\partial \Omega$ via le théorème de la divergence :
$${\bf F_{em}} = \iiint_{\Omega} {\bf f_{em}} ~ \text{d} V = \iiint_{\Omega} \overline{\text{div}}\,\overline{\overline{{\bf T}}}~\text{d} V = \oiint_{\partial \Omega} \overline{\overline{{\bf T}}}\cdot{\bf d S}$$
Le tenseur ainsi défini n’est pas unique et peut comprendre des termes difficiles à évaluer, en particulier aux interfaces entre les différents milieux. Mais on peut simplifier grandement les choses en :
choisissant un domaine $\Omega$ entourant entièrement l’élément sur lequel on veut calculer les forces,
et dont la frontière $\partial \Omega$ se situe à l’intérieur d’un unique milieu matériel (donc sans traverser d’interface).
Dans ce cas, la formule communément admise pour le champ de tenseur sur la frontière $\partial \Omega$ est :
où $\otimes$ est le produit tensoriel et $\delta$ le tenseur unité d’ordre 2.
Remarque
Les termes du tenseur s’expriment en $\text{N}\cdot\text{m}^{-2}$, ils sont donc homogènes à une pression (on l’appelle souvent « pression électromagnétique »). Les mécaniciens parlent plutôt de « contraintes », c’est pourquoi le tenseur est généralement appelé tenseur des contraintes électromagnétiques de Maxwell.
Dans la suite, nous traiterons séparément les parties magnétiques et électrostatiques.
Partie magnétique
Si on ne considère que les effets magnétiques, le terme général du tenseur est :
Remarque : la simplification vient de $\text{div}\,{\bf b} = 0$. On pourrait faire de même pour la deuxième et troisième ligne.
Au final, on retrouve bien $\overline{\text{div}}\,\overline{\overline{{\bf T}}}={\bf f_m}$, le tenseur est bien défini dans le milieu où se situe la frontière du domaine d’intégration.
Partie électrostatique
Du côté électrostatique, la densité volumique de forces est :
Remarque : les simplifications viennent directement du fait qu’en électrostatique : ${\bf rot\,e} = {\bf 0}$. On pourrait faire de même pour la deuxième et troisième ligne.
Au final, on retrouve bien $\overline{\text{div}}\,\overline{\overline{{\bf T}}}={\bf f_e}$, le tenseur est bien défini dans le milieu où se situe la frontière du domaine d’intégration.
Synthèse
Faisons une petite synthèse de ce qui précède sur un exemple purement théorique.
Considérons un système électromagnétique de volume $V$, contenant des domaines conducteurs $V_c$ parcourus par des courants, des domaines aimantés $V_a$, et des domaines ferromagnétiques $V_m$. Le reste du domaine est constitué d’air. On désire calculer la force magnétique ${\bf F}$ s’exerçant sur l’élément correspondant au volume $V_f$. Une représentation patatoïde est donnée ci-dessous.
Représentation très schématique du problème
Il nous suffit alors de définir un domaine $\Omega$ entourant $V_f$ dont la frontière $\partial\Omega$ passe uniquement dans l’air environnant $V_f$ et d’appliquer :
$${\bf F}=\begin{pmatrix}F_x\\\\ F_y\\\\ F_z\end{pmatrix} = \oiint\limits_{\partial\Omega} \overline{\overline{{\bf T}}}\cdot{\bf d S}$$
Dans le cas particulier où les sources sont des grandeurs variant sinusoïdalement en fonction du temps $t$, nous pourrons utiliser une représentation complexe (dans le domaine fréquentiel) qui permet de s’affranchir de la dépendance à la variable $t$ : on l’appelle la représentation de Fresnel.
Transformation complexe
Soit $u(t)$ une fonction sinusoïdale de fréquence $f=\frac{1}{T}$ de la forme :
$u_{\text{eff}}$ est sa valeur efficace définie par : $$u_{\text{eff}} = \sqrt{\frac{1}{T}\,\int_{0}^{T} u(t)^2\,\text{d} t}$$
Nous pouvons alors définir le complexe $\underline{u}$ tel que :
${u(t) \mapsto \underline{u} ~ , ~ \text{tel que : } u(t) = \mathcal{Re}\left[ \sqrt{2} \, \underline{u} \, \text{e} ^{j \omega t}\right]}$, soit :
La valeur efficace et la phase suffisent à définir le nombre complexe représentatif du signal temporel, et sont respectivement son module et son argument.
Ainsi, la dérivation par rapport au temps dans le repère complexe devient une simple multiplication par le terme $j \omega$, c’est-à-dire :
Il existe plusieurs façons de définir les grandeurs complexes à partir d’un même signal $u$. Nous avons choisi d’utiliser un « invariant de puissance » en choisissant la valeur efficace pour le module de $\underline{u}$ (conservation de la norme 2). Nous aurions pu choisir un « invariant d’amplitude » comme les anglo-saxons mais cela s’avère moins pratique à l’usage.
Remarque
Les complexes ainsi définis ne doivent pas être une nouveauté pour vous : c’est la transformation utilisée depuis toujours en circuits électriques en régime sinusoïdal.
Application au champ électromagnétique
Si nous considérons un système électromagnétique alimenté par des tensions ou courants sinusoïdaux (de même pulsation $\omega$, pas trop élevée pour rester dans l’ARQS), les champs en résultant seront eux aussi sinusoïdaux en temps. Nous pouvons donc leur appliquer la transformation complexe précédente.
Par exemple, le champ magnétique sera :
$$\begin{aligned}{\bf h}(x,y,z,t) &= {\bf h}(x,y,z)\,\cos(\omega t + \varphi(x,y,z))\\ &= \sqrt{2} ~ {\bf h_{\text{eff}}}(x,y,z)\,\cos(\omega t + \varphi(x,y,z)) \\ &= \mathcal{Re}[\sqrt{2}~{\bf h_{\text{eff}}}(x,y,z)\,\text{e}^{j\varphi(x,y,z)}\,\text{e}^{j\omega\,t}]\end{aligned}$$
Toutes les relations que nous avons vu jusqu’à maintenant pourront s’appliquer en complexe. Nous ne traiterons pas le cas de l’électrostatique (car statique comme son nom l’indique).
Équations de Maxwell
En régime harmonique, les équations de Maxwell sont :
Les aimants étant des sources statiques, ils ne peuvent être considérés dans des problèmes harmoniques.
Important !
Nous nous intéresserons principalement qu’aux problèmes où les lois de comportement sont linéaires. En effet, le cas non-linéaire est mal défini. Par exemple si ${\bf h}$ est sinusoïdal, alors ${\bf b}$ ne l’est pas en non-linéaire, et inversement (cf figure ci-dessous). Dans ces cas, on ne considère que les valeurs du fondamental des grandeurs (hypothèse du premier harmonique).
Il existe des techniques permettant de traiter ce type de problèmes de façon approchée (en prenant également l’influence de la largeur du cycle d’hystérésis) en définissant par exemple des perméabilités complexes qui permettent de déduire la valeur du fondamental de l’induction associée (via son module) et le déphasage (via son argument), mais nous ne les traiterons pas dans le cadre de ce cours.
Forme d'onde du champ et de l'induction magnétique à courant sinusoïdal imposé
Forme d'onde du champ et de l'induction magnétique à tension sinusoïdale imposéé
Potentiels
Nos potentiels peuvent se définir en complexe également :
Dans l’expression ci-dessus, on a utilisé $^{\*}$ comme notation pour le complexe conjugué, et on a fait apparaître le produit hermitien. On pourrait facilement montrer que la densité de pertes ainsi définie correspond à :
Dans le cas d’une alimentation alternative mais non-sinusoïdale, le problème peut être résolu par décomposition en série de Fourier, puis en traitant harmonique par harmonique (résolution multi-harmoniques).
Exercices de synthèse
Ex. 1. : Résistance d’une barre cylindrique alimentée en continu
Calculer la résistance d’une barre de cuivre de section circulaire $S$ et de longueur $L$ alimentée par une tension $U$ constante.
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On pourra penser à calculer le potentiel scalaire électrique $v$.
Les deux étant constitués de deux électrodes séparées par un milieu diélectrique de permittivité relative $\varepsilon_r$.
Cliquer pour afficher la solution
Cas plan : $$C = \varepsilon_0\varepsilon_r\,\frac{a\,b}{h}$$
Cas cylindrique : $$C = \varepsilon_0\varepsilon_r \, \frac{2\,\pi\,h}{\ln\left(\frac{R+e}{R}\right)}$$
Ex. 3. : Bobine rectangulaire
On considère une bobine rectangulaire à $N$ spires, de longueur $L$ très grande devant sa largeur, telle que représentée ci-dessous :
Représentation de la bobine étudiée
On désire calculer le champ d’induction créé par cette bobine, sans négliger le rayon des conducteur (on ne sera donc pas dans le cas d’un circuit filiforme).
Pour ce faire, nous procéderons par étapes :
Après avoir précisé les hypothèses, calculer le champ crée par un conducteur cylindrique de rayon $r_c$ parcouru par un courant I (ligne unifilaire).
Cliquer pour afficher un indice
On pourra penser à utiliser le théorème d’Ampère pour calculer le champ.
Dans le langage de votre choix, tracer le champ et les lignes correspondantes :
Par des lignes de courant (streamline) ;
En traçant les isovaleurs du potentiel vecteur associé ($a_z$) après l’avoir déterminé.
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closeall;clear;clc%%% ligne unifilaireI=1;% courant (A)rc=1e-3;% rayon conducteur (m)adom=2e-2;% largeur domaine (m)npoints=100;x=linspace(-adom/2,adom/2,npoints);y=x;bfil=@(x,y)b_fil(x,y,0,0,rc,I);[X,Y]=meshgrid(x,y);[BX,BY]=arrayfun(bfil,X,Y);% trace du champ b et des lignes correspondantes par streamlinenlignes=6;figure(1)quiver(X,Y,BX,BY,5,'r')axisequal;holdon;startx=linspace(rc,3*adom/4,nlignes);starty=zeros(1,nlignes);streamline(X,Y,BX,BY,startx,starty,Color="blue")% mieux : tracé des lignes par isovaleurs du potentiel vecteurnlignes=15;azfil=@(x,y)a_fil(x,y,0,0,rc,I);AZ=arrayfun(azfil,X,Y);figure(2)quiver(X,Y,BX,BY,5,'r')axisequal;holdon;contour(X,Y,AZ,nlignes,'LineWidth',2)% dessin du conducteurnt=60;theta=linspace(0,2*pi,nt);xt=rc.*cos(theta);yt=rc.*sin(theta);plot(xt,yt,'k','LineWidth',2)%#####################%% fonctions%%#####################function[bx,by] =b_fil(x,y,xc,yc,rc,I)% induction creee par le fil conducteurmu0=4e-7*pi;X=x-xc;Y=y-yc;r=sqrt(X^2+Y^2);if(r<=rc)h_theta=I/(2*pi)*r/rc^2;elseh_theta=I/(2*pi*r);endnormb=mu0*h_theta;theta=atan2(Y,X);bx=-normb*sin(theta);by=normb*cos(theta);endfunctionaz =a_fil(x,y,xc,yc,rc,I)% potentiel vecteur cree par le fil conducteurmu0=4e-7*pi;X=x-xc;Y=y-yc;r=sqrt(X^2+Y^2);if(r<=rc)az=-mu0*I/(4*pi)*r^2/rc^2;elseaz=-mu0*I/(2*pi)*(1/2+log(r/rc));endend
En déduire celui crée par le conducteur précédent et son retour séparés d’une distance $d_{if}$.
Cliquer pour afficher un indice
On pourra penser à utiliser le théorème de superposition.
Cliquer pour afficher la solution en MATLAB
closeall;clear;clc%%% ligne bifilaireI=1;% courant (A)rc=1e-3;% rayon conducteur (m)dif=1e-2;% distance inter-filsadom=2*dif;% largeur domaine (m)bfil1=@(x,y)b_fil(x,y,dif/2,0,rc,I);azfil1=@(x,y)a_fil(x,y,dif/2,0,rc,I);bfil2=@(x,y)b_fil(x,y,-dif/2,0,rc,-I);azfil2=@(x,y)a_fil(x,y,-dif/2,0,rc,-I);npoints=100;x=linspace(-adom/2,adom/2,npoints);y=x;[X,Y]=meshgrid(x,y);[B1X,B1Y]=arrayfun(bfil1,X,Y);[B2X,B2Y]=arrayfun(bfil2,X,Y);BX=B1X+B2X;BY=B1Y+B2Y;AZ1=arrayfun(azfil1,X,Y);AZ2=arrayfun(azfil2,X,Y);AZ=AZ1+AZ2;figure(1)nlignes=25;quiver(X,Y,BX,BY,5,'r')axisequal;holdon;contour(X,Y,AZ,nlignes,'LineWidth',2)% dessin des conducteursnt=60;theta=linspace(0,2*pi,nt);xd=dif/2+rc.*cos(theta);yd=rc.*sin(theta);xg=-dif/2+rc.*cos(theta);yg=yd;plot(xg,yg,'k','LineWidth',3)plot(xd,yd,'k','LineWidth',3)%#####################%% fonctions%%#####################function[bx,by] =b_fil(x,y,xc,yc,rc,I)% induction creee par le fil conducteurmu0=4e-7*pi;X=x-xc;Y=y-yc;r=sqrt(X^2+Y^2);if(r<=rc)h_theta=I/(2*pi)*r/rc^2;elseh_theta=I/(2*pi*r);endnormb=mu0*h_theta;theta=atan2(Y,X);bx=-normb*sin(theta);by=normb*cos(theta);endfunctionaz =a_fil(x,y,xc,yc,rc,I)% potentiel vecteur cree par le fil conducteurmu0=4e-7*pi;X=x-xc;Y=y-yc;r=sqrt(X^2+Y^2);if(r<=rc)az=-mu0*I/(4*pi)*r^2/rc^2;elseaz=-mu0*I/(2*pi)*(1/2+log(r/rc));endend
En déduire finalement le champ total créé par la bobine et retrouver le tracé de la solution :
Cliquer pour afficher la solution en MATLAB
closeall;clear;clc%%% bobine rectangulaireI=1;% courant (A)rc=1e-3;% rayon conducteur (m)dif=1e-2;% distance inter-filsnspires=9;% nombre de spiresdis=3e-3;% distance inter-spiresadom=max(2*dif,1.5*(nspires-1)*dis);% largeur domaine (m)npoints=100;x=linspace(-adom/2,adom/2,npoints);y=x;[X,Y]=meshgrid(x,y);BX=zeros(npoints);BY=zeros(npoints);AZ=zeros(npoints);fork=1:nspiresbfil1=@(x,y)b_fil(x,y,dif/2,-(nspires-1)*dis/2+(k-1)*dis,rc,I);azfil1=@(x,y)a_fil(x,y,dif/2,-(nspires-1)*dis/2+(k-1)*dis,rc,I);bfil2=@(x,y)b_fil(x,y,-dif/2,-(nspires-1)*dis/2+(k-1)*dis,rc,-I);azfil2=@(x,y)a_fil(x,y,-dif/2,-(nspires-1)*dis/2+(k-1)*dis,rc,-I);[B1X,B1Y]=arrayfun(bfil1,X,Y);[B2X,B2Y]=arrayfun(bfil2,X,Y);BX=BX+B1X+B2X;BY=BY+B1Y+B2Y;AZ1=arrayfun(azfil1,X,Y);AZ2=arrayfun(azfil2,X,Y);AZ=AZ+AZ1+AZ2;endfigure(1)nlignes=30;quiver(X,Y,BX,BY,5,'r')axisequal;holdon;contour(X,Y,AZ,nlignes,'LineWidth',2)% dessin des conducteursnt=60;theta=linspace(0,2*pi,nt);xt=rc.*cos(theta);yt=rc.*sin(theta);xg=zeros(nspires,nt);yg=zeros(nspires,nt);xd=zeros(nspires,nt);yd=zeros(nspires,nt);fork=1:nspiresxg(k,:)=-dif/2+xt;xd(k,:)=dif/2+xt;yg(k,:)=-(nspires-1)*dis/2+(k-1)*dis+yt;yd(k,:)=yg(k,:);plot(xg(k,:),yg(k,:),'k','LineWidth',2)plot(xd(k,:),yd(k,:),'k','LineWidth',2)end%%%###################%% fonctions%%#####################function[bx,by] =b_fil(x,y,xc,yc,rc,I)% induction creee par le fil conducteurmu0=4e-7*pi;X=x-xc;Y=y-yc;r=sqrt(X^2+Y^2);if(r<=rc)h_theta=I/(2*pi)*r/rc^2;elseh_theta=I/(2*pi*r);endnormb=mu0*h_theta;theta=atan2(Y,X);bx=-normb*sin(theta);by=normb*cos(theta);endfunctionaz =a_fil(x,y,xc,yc,rc,I)% potentiel vecteur cree par le fil conducteurmu0=4e-7*pi;X=x-xc;Y=y-yc;r=sqrt(X^2+Y^2);if(r<=rc)az=-mu0*I/(4*pi)*r^2/rc^2;elseaz=-mu0*I/(2*pi)*(1/2+log(r/rc));endend
Ex.4. : Cylindre plongé dans un champ uniforme
On considère une région de l’espace où règne un champ d’induction uniforme (imposé par une source extérieure) de la forme : ${\bf b} = B_{0}\,{\bf u_x}$.
On place à l’intérieur de cette zone un cylindre de rayon $R$ constitué d’un matériau de perméabilité relative $\mu_r$ constante.
Caluler, par séparation des variables, le potentiel vecteur magnétique ${\bf a}$ en tout point du domaine.
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On pensera à utiliser les coordonnées cylindriques et donc calculer le potentiel vecteur magnétique ${\bf a} = a_{z}(r,\theta)\,{\bf u_z}$.
En déduire le tracé des lignes de champ d’induction correspondantes et observer les différents cas possibles en fonction du type du matériau. C’est-à-dire :
Utiliser le langage de votre choix : MATLAB (ou GNU/Octave), Python, Julia, etc…
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Un exemple de calcul en MATLAB est donné ci-dessous :
closeall;clear;clc% cylindre dans champ uniformeR=2e-2;% rayon du cylindreadom=6*R;% largeur du domaineB0=1;mur=1e3;% evaluation sur grillea=@(x,y)az(x,y,R,mur,B0);npoints=100;x=linspace(-adom/2,adom/2,npoints);y=x;[X,Y]=meshgrid(x,y);AZ=arrayfun(a,X,Y);% tracénlignes=30;contour(X,Y,AZ,nlignes,'LineWidth',1)axisequal;holdon;nc=60;theta=linspace(0,2*pi,nc);% contour du cylindreplot(R*cos(theta),R*sin(theta),'k','LineWidth',2)% fonction calcul du potentiel vecteurfunctiona =az(x,y,R,mur,B0)r=sqrt(x^2+y^2);theta=atan2(y,x);if(r<=R)a=2*mur/(mur+1)*B0*r*sin(theta);elsea=B0*(r+(mur-1)/(mur+1)*R^2/r)*sin(theta);endend
Ex. 5. : Câble coaxial
On considère un câble coaxial portant un courant $I$ tel que représenté sur la figure ci-dessous.
Représentation schématique du câble coaxial considéré
Après avoir calculé le rayon intérieur du coax permettant d’assurer la même densité de courant dans les conducteurs aller et retour, calculer le champ magnétique en tout point de l’espace.
En déduire l’énergie magnétique (par unité de longueur) et la valeur de l’inductance linéique du câble.
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On pourra penser à utiliser le théorème d’Ampère pour calculer le champ.
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Le code MATLAB permettant de faire le calcul et le tracé est donné ci-dessous à titre indicatif :
closeall;clear;clc% rayons du cable coaxial :Ri=1e-3;R0=2e-3;Re=sqrt(Ri^2+R0^2);% pour egalite des surfacesRdom=1.5*Re;% fin du traceI=15;% courant (A)% fonction pour calculer le champh_theta=@(r)I/(2*pi)*((r<=Ri)*r/Ri^2+(Ri<r)*(r<=R0)/r...+(R0<r)*(r<=Re)*(1-(r^2-R0^2)/(Re^2-R0^2))/r);npoints=1000;rt=linspace(0,Rdom,npoints);ht=arrayfun(h_theta,rt);% evaluations % trace du resultatplot(rt,ht,LineWidth=2)title("h_\thetaenfonctiondeladistanceaucentreducoax")gridon;xlabel("r(enmm)");ylabel("h_\theta(enA/m)")xticks([0RiR0Re]);xticklabels(["0", "R_i", "R_0", "R_e"])yticks([0I/2/pi/R0I/2/pi/Ri]);yticklabels(["0", "I/(2\piR_0)", "I/(2\piR_1)"])
Ex. 6 : Transformateur élémentaire
On considère le transformateur élémentaire donné par la figure ci-dessous. Le primaire (en bleu) est constitué de $N_1$ spires, et le secondaire (en rouge) en comporte $N_2$.
Représentation schématique du transformateur considéré
Calculer les inductances propres et mutuelle dans le cas où la loi de comportement du matériau magnétique est linéaire (de perméabilité relative $\mu_r$).
Reprendre la question précédente dans le cas d’une loi de comportement non-linéaire. Choisir des valeurs réalistes pour les paramètres afin de tracer l’évolution des inductances en fonction des courants. On résoudra avec un petit programme au choix en : MATLAB (ou GNU/Octave), ou Python, ou Julia, ou autre…
Je vous donne les vecteurs associés à la courbe $B(H)$ du matériau (XC10) et un exemple de son utilisation en MATLAB :
% Valeurs correspondant au XC10 :H=[0.000000,79.577472,100.182101,126.121793,158.777930,199.889571,251.646061,...316.803620,398.832128,502.099901,632.106325,795.774715,1001.821011,...1261.217929,1587.779301,1998.895710,2516.460605,3168.036204,3988.321282,...5020.999013,6321.063250,7957.747155,10018.210114,12612.179293,15877.793010,...19988.957103,25164.606052,31680.362037,39883.212823,50209.990127,63210.632497,...79577.471546,100182.101136,126121.792926,158777.930096,199889.571030,...251646.060522,316803.620370];B=[0.000000,0.211862,0.265665,0.332377,0.414377,0.513811,0.631899,0.767784,...0.917018,1.070353,1.214255,1.334637,1.422981,1.480634,1.517214,1.544515,...1.571296,1.602049,1.638404,1.680490,1.727311,1.776659,1.825401,1.870557,...1.910809,1.947222,1.982328,2.018252,2.055398,2.092545,2.128095,2.161612,...2.194644,2.230339,2.272386,2.324282,2.389356,2.471238];% calcul de B(H)functionBres =BdeH(B,H,valH)if(valH<H(length(H)))Bres=interp1(H,B,valH);elseBres=B(length(B))+mu0*(valH-H(length(H)));endend
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On pourra encore penser à utiliser le théorème d’Ampère pour calculer le champ.
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Le code MATLAB permettant de faire le calcul et le tracé est donné ci-dessous :
clear;clc;a=3e-2;b=5e-2;c=10e-2;N1=100;Lz=15e-2;Lf=2*(2*a+b+c);% Valeurs correspondant au XC10 :H=[0.000000,79.577472,100.182101,126.121793,158.777930,199.889571,251.646061,...316.803620,398.832128,502.099901,632.106325,795.774715,1001.821011,...1261.217929,1587.779301,1998.895710,2516.460605,3168.036204,3988.321282,...5020.999013,6321.063250,7957.747155,10018.210114,12612.179293,15877.793010,...19988.957103,25164.606052,31680.362037,39883.212823,50209.990127,63210.632497,...79577.471546,100182.101136,126121.792926,158777.930096,199889.571030,...251646.060522,316803.620370];B=[0.000000,0.211862,0.265665,0.332377,0.414377,0.513811,0.631899,0.767784,...0.917018,1.070353,1.214255,1.334637,1.422981,1.480634,1.517214,1.544515,...1.571296,1.602049,1.638404,1.680490,1.727311,1.776659,1.825401,1.870557,...1.910809,1.947222,1.982328,2.018252,2.055398,2.092545,2.128095,2.161612,...2.194644,2.230339,2.272386,2.324282,2.389356,2.471238];h1=@(I)N1*I/Lf;phi1=@(I)N1*BdeH(B,H,h1(I))*2*a*Lz;L1=@(I)phi1(I)/I;npoints=500;Imax=10;I=linspace(0,Imax,npoints);L=arrayfun(L1,I);plot(I,L,"LineWidth",3)xlabel("Courant(enA)");ylabel("Inductance(enH)")title("Inductanceprimaireenfonctionducourant")grid;axis([-infinf0ceil(10*max(L))/10])% calcul de B(H)functionBres =BdeH(B,H,valH)mu0=4e-7*pi;if(valH<H(length(H)))Bres=interp1(H,B,valH);elseBres=B(length(B))+mu0*(valH-H(length(H)));endend
Ex. 7. : Électroaimant
On considère l’électroaimant représenté sur la figure ci-dessous :
Considérons tout d’abord que le circuit magnétique est infiniment perméable (hypothèse du $\mu_{\infty}$). Calculer la force $F$ s’exerçant sur la partie mobile (plaque du bas) par les dérivées de l’énergie et la coénergie, et mettre en évidence la différence de signe entre les deux expressions. Retrouver ensuite la valeur de la force par le tenseur de Maxwell.
Recalculer la force par le tenseur mais dans le cas où le circuit magnétique a une loi de comportement linéaire (perméabilité $\mu_r$). En déduire l’expression de la force de collage (à entrefer $e$ nul).
En utilisant les valeurs de paramètres et de courbes $B(H)$ données ci-dessous, superposer les tracés de la force en fonction du courant ($F(I_c)$) dans les 2 cas : linéaire et non-linéaire.
mu0=4e-7*pi;% H/maE=1e-2;% mbE=1e-2;hE=2e-2;ent=0.5e-3;Ep=1.e-2;Lz=20e-2;N=250;% Loi de comportement des materiaux% pour le E (M530) :HE=[0.000000,19.965330,29.906288,36.398771,41.371669,45.590262,49.424859,...53.082280,56.692664,60.347374,64.117637,68.064755,72.246371,76.720886,...81.551123,86.807959,92.574503,98.951520,106.065047,114.077777,123.206911,...133.753385,146.151738,161.058668,179.516634,203.267945,235.379748,...281.524948,352.648412,470.426179,677.451541,1051.068036,1703.275165,...2726.517959,4137.981052,5832.619704,7939.552940,10565.294335,13843.912965,...17970.359698,23423.776432,32234.325960,51366.778967,84577.843501,...121162.493322,160127.812767,202470.282245];BE=[0.00,0.05,0.10,0.15,0.20,0.25,0.30,0.35,0.40,0.45,0.50,0.55,...0.60,0.65,0.70,0.75,0.80,0.85,0.90,0.95,1.00,1.05,1.10,1.15,1.20,...1.25,1.30,1.35,1.40,1.45,1.50,1.55,1.60,1.65,1.70,1.75,1.80,1.85,...1.90,1.95,2.00,2.05,2.10,2.15,2.20,2.25,2.30];% pour la plaque (XC10) :Hp=[0.000000,79.577472,100.182101,126.121793,158.777930,199.889571,251.646061,...316.803620,398.832128,502.099901,632.106325,795.774715,1001.821011,...1261.217929,1587.779301,1998.895710,2516.460605,3168.036204,3988.321282,...5020.999013,6321.063250,7957.747155,10018.210114,12612.179293,15877.793010,...19988.957103,25164.606052,31680.362037,39883.212823,50209.990127,63210.632497,...79577.471546,100182.101136,126121.792926,158777.930096,199889.571030,...251646.060522,316803.620370];Bp=[0.000000,0.211862,0.265665,0.332377,0.414377,0.513811,0.631899,0.767784,...0.917018,1.070353,1.214255,1.334637,1.422981,1.480634,1.517214,1.544515,...1.571296,1.602049,1.638404,1.680490,1.727311,1.776659,1.825401,1.870557,...1.910809,1.947222,1.982328,2.018252,2.055398,2.092545,2.128095,2.161612,...2.194644,2.230339,2.272386,2.324282,2.389356,2.471238];% calcul de H(B)functionHres =HdeB(B,H,valB)mu0=4e-7*pi;if(valB<B(length(B)))Hres=interp1(B,H,valB);elseHres=H(length(H))+1/mu0*(valB-B(length(B)));endend
clear;clcmu0=4e-7*pi;% H/maE=1e-2;% mbE=1e-2;hE=2e-2;ent=0.5e-3;Ep=1.e-2;Lz=20e-2;N=250;% Loi de comportement des materiaux%--------------------------------------% pour le E (M530) :HE=[0.000000,19.965330,29.906288,36.398771,41.371669,45.590262,49.424859,...53.082280,56.692664,60.347374,64.117637,68.064755,72.246371,76.720886,...81.551123,86.807959,92.574503,98.951520,106.065047,114.077777,123.206911,...133.753385,146.151738,161.058668,179.516634,203.267945,235.379748,...281.524948,352.648412,470.426179,677.451541,1051.068036,1703.275165,...2726.517959,4137.981052,5832.619704,7939.552940,10565.294335,13843.912965,...17970.359698,23423.776432,32234.325960,51366.778967,84577.843501,...121162.493322,160127.812767,202470.282245];BE=[0.00,0.05,0.10,0.15,0.20,0.25,0.30,0.35,0.40,0.45,0.50,0.55,...0.60,0.65,0.70,0.75,0.80,0.85,0.90,0.95,1.00,1.05,1.10,1.15,1.20,...1.25,1.30,1.35,1.40,1.45,1.50,1.55,1.60,1.65,1.70,1.75,1.80,1.85,...1.90,1.95,2.00,2.05,2.10,2.15,2.20,2.25,2.30];% pour la plaque (XC10) :Hp=[0.000000,79.577472,100.182101,126.121793,158.777930,199.889571,251.646061,...316.803620,398.832128,502.099901,632.106325,795.774715,1001.821011,...1261.217929,1587.779301,1998.895710,2516.460605,3168.036204,3988.321282,...5020.999013,6321.063250,7957.747155,10018.210114,12612.179293,15877.793010,...19988.957103,25164.606052,31680.362037,39883.212823,50209.990127,63210.632497,...79577.471546,100182.101136,126121.792926,158777.930096,199889.571030,...251646.060522,316803.620370];Bp=[0.000000,0.211862,0.265665,0.332377,0.414377,0.513811,0.631899,0.767784,...0.917018,1.070353,1.214255,1.334637,1.422981,1.480634,1.517214,1.544515,...1.571296,1.602049,1.638404,1.680490,1.727311,1.776659,1.825401,1.870557,...1.910809,1.947222,1.982328,2.018252,2.055398,2.092545,2.128095,2.161612,...2.194644,2.230339,2.272386,2.324282,2.389356,2.471238];% Longueurs du contourlE=2*hE+2*aE+bE;% dans le Elp=bE+Ep+aE;% dans la plaque% en lineairenpoints=1000;Imax=10;I=linspace(0,Imax,npoints);murE=(BE(3)-BE(2))/(HE(3)-HE(2))/mu0;% db/dhmurp=(Bp(3)-Bp(2))/(Hp(3)-Hp(2))/mu0;he=N*I/(2*ent+lE/murE+lp/murp);ForceLin=2*mu0*aE*Lz*he.^2;% en non-lineaireThmAmpere=@(b,I)HdeB(BE,HE,b)*lE+2*ent*b/mu0+HdeB(Bp,Hp,b*aE/Ep)*lp-N*I;options=optimoptions("fsolve");options.Display='off';be=@(I)fsolve(@(b)ThmAmpere(b,I),mu0*N*I/(2*ent+lE/murE+lp/murp),options);ForceNL=@(I)2/mu0*aE*Lz*be(I)^2;ForceNonLin=arrayfun(ForceNL,I);% tracéplot(I,ForceLin,I,ForceNonLin,'LineWidth',2)grid;xlabel('Courant (en A)');ylabel('Force (en N)')title('Force en fonction du courant')legend(' En linéaire',' En non-linéaire',"Location","northwest")% calcul de H(B)functionHres =HdeB(B,H,valB)mu0=4e-7*pi;if(valB<B(length(B)))Hres=interp1(B,H,valB);elseHres=H(length(H))+1/mu0*(valB-B(length(B)));endend
Ex. 8. : Barre de machine asynchrone
Le but de l’exercice est de calculer l’inductance de fuite et la résistance d’une barre de machine asynchrone à cage en fonction de la fréquence du courant rotorique. Lorsque le rayon d’alésage de la machine est assez grand, le problème peut se ramener à un problème 2D cartésien tel que représenté par la figure :
Cas statique :
Le courant I circulant dans la barre est supposé continu ($I = I_0$). Après avoir précisé vos hypothèses :
Que vaut la densité de courant dans le cuivre $j$ ? En déduire la valeur des pertes Joule et de la résistance de la barre $R_0$.
Tracer l’allure des lignes de champ dans cette portion de dispositif.
En utilisant le théorème d’Ampère, calculer la valeur du champ magnétique $h$ dans l’encoche, c’est-à-dire : dans la zone d’air entre le cuivre et l’entrefer, et dans la barre de cuivre.
Tracer $h_x(y)$ pour $y \in [0 ; h 1 + h 2 ]$.
En déduire la valeur de l’énergie magnétique $W_e$ stockée dans l’encoche, et l’inductance de fuite $L_{f_0}$ définie par : $$W_e = \frac{1}{2}\,L_{f_0}\,I^2$$
Cas harmonique :
Le courant I est maintenant supposé sinusoïdal : $I(t) = I_{\text{eff}}\,\sqrt{2}\,\sin(\omega\,t)$.
Dans quelle zone de l’encoche peut-on encore utiliser le théorème d’Ampère ?
Quelle est l’équation vérifiée par $h$ dans le cuivre ?
Résoudre cette équation grâce à un passage en complexes.
En déduire la valeur de $W_e$, puis de l’inductance de fuite $L_f$ en fonction de la fréquence.
À partir des questions précédentes, déterminer la valeur de la densité de courant complexe dans le cuivre. En déduire la valeur des pertes Joule et de la résistance $R$ de la barre en fonction de la fréquence.
Vérifier les cas limites : $\lim\limits_{\omega \to 0} L_f (\omega) = L_{f_0}$ et $\lim\limits_{\omega\to 0} R(\omega) = R_0$.
Tracé des résultats :
Densité volumique de courant dans l'encoche à 50 Hz
Évolution de la valeur de l'inductance de fuite et de la résistance de la barre en fonction de la fréquence
Ex. 9. : Résistance d’une barre cylindrique alimentée en alternatif
La barre de cuivre de l’exercice Ex.1 est désormais alimentée en courant alternatif.
Calculer la densité de courant lorsque la barre est parcourue par un courant $I(t) = \sqrt{2}\,I_{\text{eff}}\,\cos(\omega\,t)$.
On utilise la transformation en complexes pour résoudre l’équation locale satisfaite par $\underline{\bf j}$ :
Après avoir constaté que la densité de courant complexe est de la forme $\underline{\bf j} = \underline{j_z} (r)\,{\bf u_z}$, donner l’équation différentielle ordinaire satisfaite par $\underline{j_z}$.
Résoudre cette équation en cherchant une solution sous la forme d’une série entière.
On pensera à introduire l’épaisseur de peau $\delta = \sqrt{\frac{2}{\sigma \mu_0 \omega}}$
Grâce à une condition de passage judicieusement choisie, retrouver la solution du problème :
$$ \displaystyle\underline{j_z}(r) = \frac{\sqrt{-j}\,I_{\text{eff}}}{\sqrt{2}\,\pi R\,\delta} \frac{J_0(\sqrt{-j}\,\frac{\sqrt{2}\,r}{\delta})}{J_1(\sqrt{-j}\,\frac{\sqrt{2}\,R}{\delta})}$$
En déduire l’expression de la densité volumique de puissance, puis les pertes Joules totales dans la barre, et donc sa résistance.
Tracer son évolution avec un logiciel de calcul numérique et discuter des cas limites : $\omega \rightarrow 0$ et $\omega \rightarrow \infty$.
Tracé des résultats :
Densité volumique de pertes Joule dans la barre pour trois fréquences (0 Hz / 100 Hz / 10 kHz)
Évolution de la valeur de la résistance en fonction de la fréquence
Cliquer pour afficher le code MATLAB permettant de faire ces tracés
closeall;clear;clc;mu0=4e-7*pi;R=1e-2;sigma=56e6;I=10;L=1;j=1i;npoints=1000;r=linspace(0,R,npoints);theta=linspace(0,2*pi,npoints);[RR,THETA]=meshgrid(r,theta);X=RR.*cos(THETA);Y=RR.*sin(THETA);figure(1)vf=[1e-9,100,10e3];tf=["f=0Hz","f=100Hz","f=10kHz"];fork=1:3subplot(1,3,k)f=vf(k);w=2*pi*f;delta=sqrt(2/(sigma*mu0*w));jz=sqrt(-j)*I/(sqrt(2)*pi*R*delta*besselj(1,sqrt(-j*2)*R/delta))...*besselj(0,sqrt(-j*2)*r/delta);pj=real(1/sigma*jz.*conj(jz));PJ=repmat(pj,npoints,1);sl=surface(X,Y,PJ);sl.EdgeColor='none';axisequal;axis([-RR-RR]);xticks([]);yticks([]);colorbar;colormapjet;title(tf(k))endfigure(2)dr=R/(npoints-1);nf=10000;f_fin=10e4;valf=linspace(1e-6,f_fin,nf);Res=zeros(1,nf);fork=1:nfw=2*pi*valf(k);delta=sqrt(2/(sigma*mu0*w));jz=sqrt(-j)*I/(sqrt(2)*pi*R*delta*besselj(1,sqrt(-j*2)*R/delta))... *besselj(0,sqrt(-j*2)*r/delta);pj=real(1/sigma*jz.*conj(jz));pjr=pj.*r;Pj=pi*sum(pjr(2:npoints)+pjr(1:(npoints-1)))*dr*L;Res(k)=Pj/I^2;endsubplot(1,2,1)R0=1/sigma*L/(pi*R^2);f=linspace(0.8*f_fin,f_fin,0.2*nf);delta=sqrt(1./(sigma*mu0*pi*f));Rinf=1/sigma*L./(2*pi*delta*R);plot([00.1*f_fin],1e3*[R0R0],'--b',LineWidth=2);holdon;plot(f,1e3*Rinf,'--k',LineWidth=2)plot(valf,1e3*Res,'r',LineWidth=2)axis([0f_fin0inf]);gridon;title('Résistance en fonction de la fréquence','FontSize',16)xlabel('f (en Hz)','FontSize',14);ylabel('R (en m\Omega)','FontSize',14)legend([" R_0"," R_\infty(f)"," R(f)"],FontSize=14,Location="northwest")subplot(1,2,2)plot([0100],1e3*[R0R0],'--b',LineWidth=2);holdon;plot(valf,1e3*Res,'r',LineWidth=2)axis([0500floor(1e5*R0)/1e22e3*R0]);gridon;title("Zoomversl'origine",'FontSize',14);xlabel('f (en Hz)','FontSize',14);ylabel('R (en m\Omega)','FontSize',16)
Ex. 10. : Chauffage par induction d’une plaque d’acier
On considère une plaque d’acier (de perméabilité $\mu$ et de conductivité $\sigma$) de longueur $L_z$ et de largeur $l_y$ très grandes devant son épaisseur $2\,e$. Cette plaque est placée à l’intérieur d’un inducteur correspondant à un solénoïde de longueur $L$ à $N$ spires jointives de forme rectangulaire.
Celui-ci est parcouru par un courant $I(t)$ imposé. Une représentation schématique du dispositif et le repère associé sont donnés par la figure ci-dessous :
Représentation schématique du problème
Dans un premier temps, on considère uniquement l’inducteur.
En précisant vos hypothèses, et en utilisant le théorème d’Ampère sur 3 contours judicieusement choisis, montrez que le champ
magnétique à l’intérieur du solénoïde est uniforme et s’écrit : $ {\bf h_s} = n\,I(t)\,{\bf u_z} $.
On explicitera la valeur de $n$ en fonction de $N$ et $L$.
Le courant d’alimentation est : $ I(t) = I_{\text{eff}} \sqrt{2}\,\cos(\omega\,t) $. Donner la forme complexe du courant $\underline{I}$, ainsi que du champ précédent $\underline{h_s}$.
Désormais, on insère la plaque dans l’inducteur. Donner, en le justifiant, l’équation générale de diffusion à laquelle obéit le
champ magnétique à l’intérieur de celle-ci ( $x \in [−e; e]$).
À partir de l’équation précédente et de la question 2, donner la forme complexe du système permettant de calculer le champ complexe $\underline{\bf h}(x)$ dans la plaque. Soit : une équation différentielle ordinaire d’ordre 2 à coefficients constants complexes et 2 conditions aux limites.
Résoudre ce système (on fera intervenir l’épaisseur de peau $\delta$).
En déduire l’expression complexe de la densité de courant dans la plaque, puis celle de la densité volumique de puissance moyenne
$p$ injectée dans la plaque par l’inducteur, et donc de la puissance moyenne totale $P$ injectée dans la plaque.
Tracé des résultats :
Représentation du champ magnétique et de la densité de puissance dans la plaque